Face au Bilderatlas Mnemosyne
Présentation d’un projet collectif de recherche et de créations
Matteo Vallorani
English abstract
De 2023 à 2025, journées d’études, séminaire et atelier ont réuni chercheurs et artistes autour du Bilderatlas Mnemosyne, en associant analyse des images, pratiques d’exposition et création.
Warburg Migrations – savoirs, images, personnes. Journées d’études (30-31 mai 2023)

Les journées d’études, organisées par le Cehta/Cral (EHESS) en collaboration avec le Mucem, l’école des Beaux-Arts de Marseille (INSEAMM) et le collectif antiAtlas des frontières (CNRS, Aix-Marseille Université), ont eu pour objectif d’interroger la forme atlas, telle que proposée par Aby Warburg et son cercle, et d’analyser les différentes manières dont la question de la migration s’y inscrit, pour la mettre à l’épreuve des enjeux contemporains.
Les interventions ont porté sur les planches de l’atlas Mnemosyne – lues ou relues de manière critique – sur le travail warburgien avec les concepts de “migrations” (Wanderung) et de “ véhicules d’images ” (Bilderfahrzeuge), ainsi que sur la manière dont l’historiographie ultérieure et les pratiques académiques, muséales ou artistiques ont intégré, transformé, mais peut-être aussi ‘trahi’, l’utilisation de ces outils.
La participation de plasticien-ne-s, théoricien-ne-s et conservateur-rice-s a permis d’ouvrir un regard collectif et interdisciplinaire sur les enjeux méthodologiques et théoriques soulevés par le phénomène de la migration, en considérant ses dimensions les plus concrètes, subjectives ou mémorielles, allant même jusqu’aux formes d’exil, entendues comme bannissements historiques, ou punitions par l’espace.
Dans cette perspective, les “ cartes sensibles ” du Bilderatlas, en tant que dispositifs qui permettent à la fois de cartographier les déplacements des images et d’interroger leur “ vie ”, leur devenir dynamique et fragmentaire, se sont révélées des outils capables tant de suivre les déplacements et les transferts des savoirs, des images et des personnes, que de faire émerger les trajectoires latentes des exils possibles auxquels ils peuvent avoir été assujettis. Grâce à l’attention centrale portée à l’image, la forme atlas peut être en mesure de prendre en charge ces expériences de fracture, de déchirement, de déracinement ou de dépaysement, mais aussi de donner corps, élaborer et contraster les inquiétudes suscitées par les temps historiques et les contextes politiques les plus complexes.
La confrontation des approches et des expériences a mis en lumière non seulement l’actualité et les potentialités de la forme atlas, mais aussi ses limites, notamment lorsqu’elle s’éloigne de la rigueur méthodologique, historique et théorique, et surtout de l’usage critique de l’imagination qui caractérise l’œuvre de Warburg et de son cercle.
*
Organisées par : Aude Fanlo (Mucem), Maxime Guitton (Beaux-Arts de Marseille – INSEAMM), Giovanni Careri, Sabine Guermouche, Simon Séguier-Faucher, Matteo Vallorani (Cehta, EHESS).
Avec la participation des étudiant-e-s des Beaux-Arts de Marseille : Johanna Béran & Emilie Martinez, Julia Bonich, Agathe Champagnol, Julie Chevassus, Zhiting Fu, Garance Gambin, Jean Grenier, Florian Leu, Damian Regne, Marie-Myriam Soltani
Bill Sherman : The Warburg Institute
Roberto Ohrt et Axel Heil : Remonter l’Atlas
Anna Dezeuze et Chourouk Hriech : Comparaisons et résonances entre l’Atlas warburgien et quelques pratiques d’art contemporain
Georges Didi-Huberman : Mouvements excentriques et gestes critiques
Lara Bonneau : Dans l’antichambre de Mnemosyne
Matteo Vallorani : De hoc est corpus meum à hoc meum corpus est : transsubstantiation, transfiguration et déplacements dans la Planche 79 du Bilderatlas Mnemosyne
Philippe Despoix : Des “ cartes de migration ” aux pratiques d’exposition de la KBW
Sabine Guermouche : Penser la migration des symboles : la Sphaera barbarica comme modèle
Simon Séguier-Faucher : L’impossible arrive : réflexions à partir de l’exposition British Art and the Mediterranean
Francesco Zucconi : Cinéma et géo-esthétique des frontières : gestes, traversées, déplacements
Anna Guilló et Thierry Fournier : antiAtlas Journal : un design éditorial pour la recherche
Face au Bilderatlas Mnemosyne. Séminaire annuel (2023-2024, 2024-2025)

Le Bilderatlas Mnemosyne, peut-être l’un des legs les plus importants d’Aby Warburg et de la KBW (Kulturwissenschaftliche Bibliothek Warburg), est un objet qui n’a eu de cesse d’intéresser les membres du Cehta (Centre d’Histoire et de Théorie des Arts) depuis maintenant plusieurs décennies. Le séminaire, organisé en partenariat scientifique avec le MucemLab et l’école des Beaux-Arts de Marseille – INSEAMM, est né du désir de fédérer autour de cet objet les chercheur-e-s du laboratoire et, plus largement, de l’École des hautes études en sciences sociales qui ont affaire au visuel, ainsi que des invité-e-s issu-e-s d’autres champs du savoir et de la création.
L’objectif a été de se mettre “ Face au Bilderatlas Mnemosyne ” avec des chercheur-e-s de disciplines diverses, curateur-rice-s et artistes, afin d’instaurer sur ce terrain partagé un dialogue interdisciplinaire capable de tirer pleinement parti de la diversité des approches et des compétences. Il s’est agi autant d’analyser la composition spécifique des planches, d’en restituer la portée épistémique et d’approfondir l’étude de leurs objets singuliers, que de les mettre en relation avec les recherches académiques et artistiques contemporaines, en examinant les modalités d’interaction que chercheur-e-s, curateur-rice-s et artistes entretiennent avec elles, ainsi que les usages, prolongements et questionnements qu’elles continuent de susciter, tant dans les champs des arts que dans les approches méthodologiques récentes de l’anthropologie visuelle.
La première année du séminaire a été principalement consacrée au Bilderatlas Mnemosyne, la seconde a élargi le travail à la dimension intermédiale d’autres dispositifs engagés au sein de la KBW tels que les séries d’images et expositions (Bilderreihen und Ausstellungen), ainsi qu’à d’autres projets d’exposition consacrés à Warburg ou élaborés en dialogue avec ses recherches.
Afin de donner une assise commune aux lectures des planches, un protocole a été adressé à chacun-e des intervenant-e-s, comme suit :
Chaque intervenant-e a été invité-e à choisir une ou un nombre restreint de planches de l’Atlas warburgien ou une des expositions de la KBW pour débuter son intervention. En amont de chaque séance, les planches, accompagnées de l’index des objets étudiés ainsi que d’une sélection de textes destinés à la discussion et à l’interprétation, ont été déposées sur une plateforme partagée. Le déroulement de la séance a tenté de suivre, autant que possible, le schéma suivant :
1. Introduction : Un premier temps consacré à la description de l’objet ou des objets choisis et à la présentation des images épinglées sur la planche.
2. Lecture originale : Un second temps, dévolu à la lecture et à l’interprétation des objets, permettait de comprendre comment chacun-e se met au travail avec l’Atlas ou ses objets (pris dans des enjeux comparatistes ou de montages) : pour comprendre les contributions originales des regards face aux planches. Et/ou saisir quel peut être l’apport herméneutique de l’Atlas à l’intérieur d’un parcours spécifique de recherche (scientifique et/ou artistique). Ce moment a également été consacré à l’évocation de matériaux (Tagebuch, articles, lectures ultérieures proposées de cette planche…) souvent utiles à la compréhension des objets et à l’interprétation du montage. L’interdisciplinarité des intervenant-e-s a permis d’ouvrir de nouvelles perspectives, d’explorer des chemins inédits ou des voies inattendues, pour expérimenter des renvois anachroniques, ajouts ou futurs possibles de l’Atlas.
3. Discussion : Le troisième temps, consacré à l’échange avec l’ensemble des participant-e-s du séminaire a permis que les analyses prennent une dimension plus collégiale. Ce rendez-vous visait à créer un espace de dialogue où théoricien-ne-s de l’art, historien-ne-s, anthropologues, artistes, conservateur-rice-s et étudiant-e-s étaient invité-e-s à partager interprétations, connaissances et expériences à partir de leurs pratiques, dans une perspective résolument interdisciplinaire et expérimentale.
*
Coordonné par : Giovanni Careri, Sabine Guermouche, Simon Séguier-Faucher, Matteo Vallorani
Atlas Mnemosyne
Monica Centanni et Daniela Sacco : Mnemosyne Atlas, Planches A B C. Iter per labyrinthum
(02.12.2024 – Planches A B C)
Eduardo Jorge de Oliveira : L’artiste en magicien. Images et puissances de la terre
(27.10.2023 – Planche A et installation “ Mission/Missions – Comment bâtir des cathédrales ”, 1987, de Cildo Meireles)
Yu Ran : L’oscillation et sa rupture. Commentaire sur la Planche B du Bilderatlas Mnemosyne
(17.05.2024 – Planche B)
Isabela Gaglianone : De quoi parle celui qui parle des étoiles ?
(17.05.2024 – Planche C)
Yu Ran : Planche C: Kepler, Zeppelin et plus
(26.05.2025 – Planche C)
Marion Beaufils : Se soustraire à la pesanteur
(15.03.2024 – Planche 4)
Remi Labrusse : Quelques remarques sur le statut des références aux images d’Islam dans Mnemosyne
(17.05.2024 – Planches 20 et 21 et les grammaires de l’ornement d’Owen Jones et de Jules Bourgoin)
Francisco Prado-Vilar : Mnemosyne: Panel 22. “ Spanish-Arab Practice (Alfonso). Handling. The Cosmic Cystem as a Dice Board. Divination. Magic. Stone Magic ”
(08.12.2023 – Planche 22)
Sabine Guermouche : Aby Warburg, la Sphaera barbarica et le Palais de la raison
(17.05.2024 – Planche 23)
Axel Heil : Aby Warburg’s Panel 32 of the Mnemosyne Bilderatlas
(19.01.2024 – Planche 32)
Simon Séguier-Faucher : Partage de l’insolence (Lecture de la Planche 32 et d’Aby Warburg par les temps qui courent)
(31.03.2025 – Planche 32)
Clara Lieutaghi : “ Aber was bedeutet der Narziss ? ” Autour de la Planche 34
(03.02.2025 – Planche 34)
Daniela Barcellos Amon et Camille Dugast : Ascension et chute dans la Planche 37 du Bilderatlas Mnémosyne
(17.05.2024 – Planche 37)
Roberto Ohrt : Aby Warburg’s Panel 39 of the Mnemosyne Bilderatlas
(19.01.2024 – Planche 39)
Xiaojiang Lin : Planche 41a : Laocoon et le pathos de la douleur
(07.04.2025 – Planche 41a)
Philippe Despoix : Mnemosyne – une exposition inachevée (Médias de transmission I : reproduction monochrome en pseudo-relief)
(26.04.2024 – Planches 44, 45, 49)
Muriel Pic : Grisaille, guerre, guérison
(06.01.2025 – Planche 49 et dossier “Grisaille Mantegna”, 1929)
Antonella Fenech : Robert Klein et les “ Tarocchi ” dits de Mantegna
(28.04.2025 – Planche 50/51)
Giovanni Careri : Jouer avec le Bilderatlas: deux cas et une question théorique. Planches 56 et 53
(24.11.2023 – Planches 53 et 56)
Anne Creissels : Présentation, commentaire et interprétation de la Planche 55
(15.03.2024 – Planche 55 et parcours personnel de recherche et création)
Andrea Pinotti : Archéologie des images et logique rétrospective. Note sur le “ Manétisme ” de Warburg
(20.01.2025 – Planche 55)
Philippe Despoix : Mnemosyne – une exposition inachevée (Médias de transmission II : réactualisation des formules antiques à l’ère de la reproduction technique)
(26.04.2024 – Planche 77)
Luca Acquarelli : La “ Giornata della fede ” comme corpus Domini fasciste
(12.05.2025 – Planches 78-79 et iconographie du fascisme italien)
Matteo Vallorani : Incorporation, sacrifice actif et passivité immobile : le corps et le sang comme substrats des modèles théologico-politiques dans la Planche 79
(24.11.2023 – Planche 79)
Bilderreihen
Philippe Despoix : Morphologie de l’illustration ovidienne : une exposition préliminaire au projet Mnemosyne
(04.11.2024 – “ Urworte leidenschaftlicher Gebärdensprache ” – janvier-février, 1927)
Matteo Vallorani : L’iconologie politique dans les Bilderreihen de la KBW
(16.12.2024 – “ Die Funktion der sozialen Mneme als Bewahrerin der antikisierenden Dynamo-Engramme der Gebärdensprache ” - juillet, 1927)
Sabine Guermouche : La parabole de l’homme dans le ciel
(03.03.2025 – “ Menschengleichnis am Himmel ” – septembre, 1927)
Neda Zanetti : Des images comme des astres. La Bildersammlung [collection] et la projection au planétarium d’Hambourg
(03.03.2025 – “ Bildersammlung zur Geschichte von Sternglaube und Sternkunde ” – 1930-1941)
Autres réflexions
Vincent Debiais : Hyperbole de l’usage du diagramme
(08.12.2023)
Georges Didi-Huberman : L’Atlas et l’imagination exacte
(26.04.2024)
Carole Maigné : Cassirer, temps, histoire
(17.03.2025)
Bill Sherman : Aby Warburg’s Pueblo Materials
(26.05.2025)
Ming-Wei Yen : De la Mélancolie : deux lectures (Warburg-Klibansky / Agamben-Klein)
(26.05.2025)
Emma Cambier : Essai filmique “ Aby Warburg – les archives de l’âme ”
(26.05.2025)
Autres expositions
Paweł Mościcki : “Refugee Atlas”
(18.11.2024)
Sabine Guermouche et Enguerrand Lascols : Présentation de la préparation de l’exposition du Mucem “ Lire le ciel ” (9 septembre 2025 – 5 janvier 2026)
(17.02.2025)
Jonathan Allen : Présentation de l’exposition du Warburg Institute “ Tarot : Origins & Afterlives ” (31 janvier 2025 – 30 avril 2025)
(28.04.2025)
Philippa Bock, Alice Rossi et Emma Cambier : Restitution du Workshop “ Explorer les espaces intermédiaux : projection – montage – exposition ”
(26.05.2025)
Explorer les espaces intermédiaux : projection – montage – exposition. Workshop de recherche et création (19-21 mars 2025)

L’atelier, à partir de l’exploration collective de dispositifs de conférence et d’exposition élaborés par Aby Warburg et son cercle, a ouvert un espace de recherche et de création, qui a permis un travail conjoint entre masterant-e-s et doctorant-e-s en sciences sociales et étudiant-e-s artistes d’écoles d’arts.
Une reconstitution, une remise en acte plus ou moins fictionnalisée, de certains de ces espaces intermédiaux a été menée en s’appuyant sur des publications et des documents issus des archives du Warburg Institute. Projections d’images et immersions sonores, mises en espace et montages ont constitué autant de modalités pour expérimenter le dépassement de la planéité et la complexification des dispositifs d’exposition, appréhendés comme de véritables outils de recherche. Une attention particulière a été portée aux rôles joués, au sein de ces dispositifs, par les récits verbaux et textuels en lien avec les images.
Un premier temps s’est articulé autour de la conférence le Rituel du serpent, tenue à la clinique Bellevue de Kreuzlingen le 21 avril 1923. Plusieurs études ont souligné que Warburg, encore fourbu par la psychose qui l’a ébranlé dès la fin de la Première guerre mondiale et par les opiacés qui lui furent administrés, n’était pas en mesure de soutenir l’intervention telle qu’elle a été le plus souvent éditée, transmise et commentée. Néanmoins le dispositif mobilisé ce soir-là, une simple projection d’images accompagnée d’un commentaire, devait l’aider dans un processus vital de remémoration cathartique : si cette présentation n’avait en apparence rien d’expérimental, elle révélait toutefois l’importance fondamentale, pour le fondateur de la KBW, de la faculté de tisser un lien entre mot et image, tant au niveau de son objet et de sa méthode de recherche que sur le plan physique et existentiel. Dans cette perspective la dimension performative de la construction du savoir et de sa transmission a été explorée au sein de l’atelier, notamment à travers le motif de l’image-fantôme. Aux côtés de la projection des clichés pris par Warburg lors de son voyage au pays Pueblo, les arts de l’écriture et la poésie contemporaine ont été mobilisés, pour constituer un espace de pensée permettant à chacun-e de donner voix à son univers, tout en opérant de nouveaux voisinages, montages et constellations.
Un second temps a porté sur le projet entrepris par Warburg après sa sortie du sanatorium : la conférence en hommage à Franz Boll de 1925 qui s’est articulée à partir de séries d’images et de panneaux pour une exposition qui lui étaient associés, où s’est déployée une modalité de travail collectif poursuivie jusqu’à la fin de sa vie. Le caractère encore schématique et indéfini des panneaux offre un accès privilégié à la fabrique de montage warburgien où le corps à corps avec les images apparaît à la fois comme reflet et renversement de son objet d’étude. En effet, le thème astrologique, central dans l’œuvre de Warburg, offre un point de vue privilégié non seulement sur la question des migrations culturelles et symboliques, mais aussi sur la manière dont le visuel et le dicible configurent le rapport de l’homme face au cosmos dans sa lutte, toujours renouvelée, pour se libérer de l’asservissement aux monstra de la superstition pour retrouver chaque fois les spherae de la contemplation ‘scientifique’. La mise en place, dans la KBW, d’archipels d’images, si d’un côté – comme l’a souligné à plusieurs reprises Georges Didi-Huberman – semble retracer les phénomènes d’astérisme et de catastérisme qu’elle était censée étudier, d’un autre côté, elle les renverse : les planches se présentent comme des constellations retournées, où les points à relier sont eux-mêmes des figures et des récits (symboliques, mythologiques, expressifs, historiques). L’effort pour construire une figure entre eux témoigne de la même tension entre raison et déraison dans laquelle tout processus de connaissance se trouve engagé.
Tout comme Warburg et ses collaborateurs, les étudiant-e-s ont été invité-e-s non pas à se placer face aux images comme de simples observateur-rice-s devant des étoiles fixes, mais à les sélectionner, les manipuler, les déplacer, intervenant ainsi activement dans leurs assemblages, par une confrontation constante entre l’instrument de la connaissance et son objet. Pour guider cette tâche complexe, nous avons proposé de recourir au concept d’“ imagination exacte ” développé par Georges Didi-Huberman à propos de l’Atlas : c’est-à-dire viser une recherche capable d’imaginer ce qu’elle observe sans cesser d’observer, aspirer à un savoir issu de la dialectique entre imagination, création et observation.
*
Organisé par : Sabine Guermouche, Simon Séguier-Faucher, Matteo Vallorani (Cehta/Cral, EHESS) ; Maxime Guitton, Cécile Marie-Castanet (Beaux-Arts de Marseille, Campus Art Méditerranée) ; Aude Fanlo, Anne Faure, Enguerrand Lascols (Mucem) ; Anne Creissels (AIAC, Paris 8)
Avec la participation des artistes : Pierre Parlant, Simon Ripoll-Hurier
Les masterant-e-s et doctorant-e-s de l’EHESS et les étudiant-e-s de l’école des Beaux-Arts de Marseille : Daniela Barcellos Amon, Charlotte Bayoud, Philippa Bock, Emma Cambier, Ariadna Chavez, Fritzi Hannah Harreck, Anas Jadli, Inès Juster, Clara Lieutaghi, Xiaojiang Lin, Salomé Martin-Darras, Jacques Plouzeau, Yu Ran, Jeanne Renault, Alice Rossi, Ming-Wei Yen
Matériaux préparatoires
Rituel du serpent :
– Projection des 196 photos prises par Warburg en pays Pueblo en 1896, selon leur édition par Uwe Fleckner in Aby Warburg, Bilder aus dem Gebiet der Pueblo-Indianer in Nord-Amerika. Vorträge und Fotografien, Berlin/Boston, 2018 ;
– Collecte des images des diapositives projetées lors de la conférence à Kreuzlingen selon la reconstitution de Philippe Despoix.
L’influence de la Sphaera barbarica sur les essais d’orientation cosmique de l’Occident :
– Texte de la conférence traduit en français par Sabine Guermouche ;
– Lecture audio de la conférence (enregistrement : Sabine Guermouche et Matteo Vallorani ; montage : Thomas Debeugny ; voix : Daniela Barcellos Amon, Philippa Bock, Sabine Guermouche, Clara Lieutaghi, Yu Ran, Alice Rossi, Matteo Vallorani, Ming-Wei Yen, Neda Zanetti) ;
– Listes des diapositives indiquées par Warburg pour accompagner sa conférence (4 listes : WIA III.94.2.4) et collecte des images correspondantes ;
– Esquisses des 3 planches pour l’exposition par Warburg et collecte des images correspondantes, selon la reconstitution d’Uwe Fleckner et Davide Stimilli.
Interventions artistiques
Pierre Parlant : Une cause dansée : Warburg à Oraibi
(conférence lecture) (Mucem, Cipm)
Anne Creissels : Mon histoire féministe de l’art
(conférence-performance) (SOMA)
Simon Ripoll-Hurier : Suivi des groupes de travail et archives filmiques de l’atelier
Groupes de travail
Daniela Barcellos Amon, Ariadna Chavez, Anas Jadli, Jeanne Renault :
– Planche numérique d’images tirés du corpus warburgien associée à des diagrammes de travail et de pensée et carte de mots, avec enregistrement audio des sessions de travail ;
– Collage en tissage toile d’images tirés du corpus warburgien (macrocosme et microcosme).
Charlotte Bayoud, Salomé Martin-Darras, Yu Ran, Ming-Wei Yen :
– Film : Fortuna
Philippa Bock, Emma Cambier, Alice Rossi :
– Planche créée avec un montage de photos prises par Warburg en pays Pueblo ;
– Reconstitution des planches esquissées par Warburg pour l’exposition “ L’influence de la Sphaera barbarica sur les essais d’orientation cosmique de l’Occident ” (1925) ;
– Essai filmique : Aby Warburg – les archives de l’âme.
Fritzi Hannah Harreck, Inès Juster, Clara Lieutaghi, Simon Séguier-Faucher :
– Espaces de ré-figuration : travail vidéo à partir d’images en dialogue avec les collections du Mucem et les poèmes de Tarkos ;
Jacques Plouzeau :
– Dessins, diagrammes, textes et montages d’images numériques sur des expériences de l’hôpital psychiatrique et les stratégies pour articuler la pensée.
English abstract
Matteo Vallorani’s contribution presents a collaborative programme of research and artistic practice developed between 2023 and 2025 by the Cehta at the École des hautes études en sciences sociales, in partnership with the Mucem and the Beaux-Arts de Marseille. It documents three connected initiatives: the study days “Warburg Migrations – Savoirs, images, personnes”, the seminar “Face au Bilderatlas Mnemosyne”, and the workshop “Explorer les espaces intermédiaux: projection – montage – exposition”. Bringing together scholars, curators, artists and students, the programme combined close readings of individual atlas panels with the study of the image sequences and exhibitions developed within the Kulturwissenschaftliche Bibliothek Warburg. Particular attention was paid to the migration of images, intermediality, and the relationship between historical inquiry and contemporary artistic practice. The workshop revisited Warburg’s 1923 Kreuzlingen lecture and his 1925 lecture in memory of Franz Boll through archival materials, projection, montage and collective experimentation. The article records the programme, its participants and the resulting works, outlining an approach to Warburg’s legacy grounded in both historical analysis and artistic creation.
keywords | Warburg ; Bilderatlas Mnemosyne ; Kulturwissenschaftliche Bibliothek Warburg ; Bilderreihen ; migration of images ; intermediality ; artistic research ; exhibition practices ; Georges Didi-Huberman ; Mucem.
Per citare questo articolo / To cite this article: M. Vallorani, Face au Bilderatlas Mnemosyne. Présentation d’un projet collectif de recherche et de créations, “La Rivista di Engramma” n. 239, settembre 2026.